Rechercher différemment avec DuckDuckGo

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Légèrement agacé par les nouvelles règles de confidentialité unifiées de Google ainsi que par leur Search, plus Your World1, j’ai commencé à utiliser DuckDuckGo depuis quelques jours en lieu et place de Google Search2.

Certes pas encore tout à fait aussi pertinent et rapide que le leader, DuckDuckGo n’en demeurre pas moins efficace et présente de sérieux avantages, parmis lesquels je citerais:

  • Les !Bang search, qui permettent d’utiliser le moteur de recherche d’un site bien précis, depuis DDG. Par exemple, pour chercher le hashtag #whyihatefacebook (hé hé) sur Twitter, je tape !tw #whyihatefacebook sur DDG et boom!
  • Les Zero-click boxes, qui affichent les infos les plus pertinentes sur le terme recherché dans une box sous le champs de recherche, évitant parfois d’avoir à aller chercher plus loin (d’où le Zero-click). Par exemple, si tu cherches france, tu obtiens ça:
  • Les règles de confidentialité particulièrement claires:

    DuckDuckGo does not collect or share personal information. That is our privacy policy in a nutshell.

  • La possibilité de personnaliser le moteur de recherche, autant dans le rendu que dans certains aspects de confidentialité, d’UI, etc…
  • La pub réduite et peu intrusive dans les résultats (cf. capture ci-dessus)
  • La navigation au clavier via des raccourcis très pratiques: k ou j pour monter ou descendre, / pour retourner au champs de recherche, v pour ouvrir le résultat sélectionné dans un nouvel onglet, etc…

Malgré tout ça, le plus compliqué pour moi dans ce passage de Google Search à DDG, c’était l’habitude. L’habitude d’utiliser la barre de recherche de mon navigateur (Safari), dont le moteur par défaut était Google. Le moyen le plus simple de corriger ce problème est donc d’utiliser l’extension Omnibar pour Safari et de configurer DDG comme moteur de recherche par défaut3. La procédure est très simple et bien détaillée ici. Désormais, lorsque je saisi une recherche dans ma barre d’adresse, c’est CanardCanardVasY qui répond.

Du coup, le combo !Bang search de DDG + Omnibar Safari est définitivement une killer feature. Quelques exemples: une recherche amazon.fr? Je tape !amfr ipad dans l’Omnibar. Une recherche wikipedia.fr? !wfr paris. Un doute sur la définition d’un mot? !wiktfr mot. Une recherche dans le Codex WordPress? !wp time. Une conversion sur WolframAlpha? !wa 2 liters in gallons. Et c’est pratiquement sans fin, la liste des !Bang search étant déjà presque exhaustive, mais il est possible de demander à DDG d’en ajouter ici.

J’insiste un peu, mais ces !Bang search, c’est typiquement le genre de truc que Google ne peut pas faire, parce que ça va à l’encontre de son business: les résultats doivent s’afficher sur le site de Google pour imposer les pubs qui vont avec (et satisfaire ainsi les annonceurs — ceux qui payent — au lieu des utilisateurs).

Je ne sais pas si d’ici quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, Google Search ne va pas me manquer et peut-être délaisserai-je DDG. Mais en attendant, ça fait beaucoup de bien de voir que des moteurs de recherches alternatifs innovent, proposent des fonctionnalités et des outils différents et respectent avant toute autre chose la vie privée de leurs utilisateurs. Rien que pour ça, j’ai vraiment envie de donner toutes ses chances à DuckDuckGo (et apparemment, je ne suis pas le seul).


  1. Si toi aussi, Search, plus Your World t’agace, il existe une belle extension Focus on the User for Safari pour corriger ce problème (voir la vidéo explicative qui est très claire). ↩
  2. Je tiens juste à préciser que je n’en suis pas encore à me débarasser totalement de tous les services Google (gmail, reader, analytics…) que j’utilise, mais j’y réfléchis sérieusement et envisage déjà quelques alternatives sur lesquelles je reviendrai dans de prochains articles. ↩
  3. Sans Omnibar, avouons-le, c’est assez galère d’ajouter un moteur de recherche. Il faut soit faire des modifs hasardeuses dans le binaire de Safari, soit passer par des extensions assez intrusives selon moi. ↩

Lock your shit down

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Ryan Heise sur My Dinner With Android:

At times it feels like Google has outright copied Apple, but in order to avoid being shameless about it, they added in a few half-assed features or gimped others. If they’re just going to be a complete “me too,” own up to that. Lock your shit down. Curate your app store. Stop hiding behind your facade of openness and anti-Steve Jobs rhetoric. You attempted to ape the look and feel — this is undeniable — so just commit. Because if you do, you might have a solid competitor.

Du bon sens! It’s worth a read…

Les plus et les moins de Google+

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Excellente synthèse pleine d’humour mais clairvoyante, de Shadoe Huard, sur les avantages et inconvénients de Google+, à lire absolument en anglais sur SmarterBits. Pour les Shakespearophobes, j’en fais une mauvaise traduction ci-dessous:

Plus: Google+ me rappelle beaucoup le Facebook des débuts. Pas tous ces trucs superficiels et ces saloperies de pubs & apps. Juste de quoi rester en contact avec vos amis et partager infos et photos.
Moins: Une courbe d’apprentissage légèrement supérieure si vous n’êtes pas un technophile, malgré une interface simple. Il faut un certain temps pour s’y retrouver.

Plus: Interface propre, élégante et bien designée.
Moins: Va rapidement être noyée sous le flot de commentaires sur les photos de votre nouveau chat. Voir aussi le Moins précédent.

Plus: Les Cercles sont une bien meilleure implémentation des groupes. Terme marketing bien plus accrocheur également.
Moins: Ce n’est qu’une énième mise en oeuvre des groupes, avec toutes les réserves que cela implique.

Plus: S’intègre facilement avec tous vos comptes Google, en créant un accès facile et centralisé à toutes vos informations personelles.
Moins: Crée un accès facile et centralisé à toutes vos informations personnelles.

Plus: N’appartient pas à une société flippante quant à la gestion de vos données et de votre vie privée.
Moins: Appartient à une société flippante quant à la gestion de vos données et de votre vie privée.

Plus: Hangouts (Vidéo-bulles en français) ressemble à l’outil idéal pour récupérer les utilisateurs de Facebook. C’est la “killer app” de Google+.
Moins: Qui en a encore quelque chose à faire d’un autre service de vidéo conférence qu’on n’utilise déjà pas ailleurs?

Plus: Pas encore de publicités.
Moins: Ca ne va pas durer longtemps.

Plus: Procure un sentiment d’exclusivité.
Moins: Personne avec qui partager quoique ce soit.

Plus: Pourrait bien être un réseau social que les gens qui détestent les réseaux sociaux voudraient utiliser.
Moins: C’est pour ces gens là que Twitter existe déjà.

Il va sans dire que je suis d’accord avec chacun des points évoqués ci-dessus (aussi bien les plus que les moins).

Les Majors (en France) seront-elles contraintes de négocier avec Apple et son iCloud ?

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Je m’interroge1 depuis l’annonce de l’iCloud d’Apple lors de la WWDC ‘11 la semaine dernière sur l’avenir du service iTunes Match en ce qui concerne la France. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, iCloud permettra d’accéder à vos documents, vos images, votre musique et tout un tas d’autres choses partout, tout le temps2 puisque tout sera hébergé sur les serveurs d’Apple dans le fameux iCloud…

Concernant la musique plus précisément, le nuage façon Apple proposera donc 3 choses:

  • Toute la musique que vous avez achetée sur l’iTunes Store jusque là et toute celle à venir sera directement accessible depuis iCloud (sans avoir besoin de l’uploader, comme je l’espérais dans mon article du mois de mai) et ce, gratuitement.
  • Pour la musique achetée ou téléchargée - légalement ou pas - ailleurs, iTunes Match, pour 25$ par an, permettra de la faire correspondre avec le catalogue de 18 millions de titres d’iTunes. Donc si un titre existe sur le Store, pas besoin non plus de l’uploader, Apple vous le mettra également à dispo depuis iCloud et dans un format de qualité iTunes Plus (256 kbit/s).
  • Pour tout le reste - ce qui n’existe pas dans l’iTunes Store aujourd’hui - vous aurez la possibilité de l’uploader vers votre iCloud. C’est lent, mais ça devrait se limiter à quelques titres seulement…

C’est pas mal, non ? oui, pour les résidents US… pas pour nous petits frenchies, parce que Pascal Nègre (entre autres) veille sur son business mourant et ne laissera probablement pas Apple “blanchir” votre musique téléchargée illégalement pour 25$ par an seulement. Sauf erreur de ma part, tout ce que propose iTunes Match n’est pour l’instant réservé qu’aux US3, où Apple a négocié les accords principaux. Pour les autres pays du monde (oui, il y en a), il faudra attendre que des accords soient signés et sincèrement, je ne crois pas que ce soit pour bientôt.

Toutefois, il reste un petit espoir. Ce n’est qu’une réflexion qui me travaille en ce moment, mais… si je peux uploader ma musique gratuitement dans l’iCloud (comme le proposeront Amazon Cloud Player et Google Music d’ailleurs), au lieu d’utiliser le service plus pratique iTunes Match, qu’est-ce qui est plus intéressant financièrement pour les Majors ? Laisser les internautes uploader toute leur musique sans rien savoir et ne rien toucher, ou trouver un accord avec Apple pour récupérer une partie des 25$/an en blanchissant leur musique ?

Les Majors sont voués à disparaitre. La seule chose qui peut les maintenir en vie, c’est de faire fructifier intelligemment leurs catalogues de titres. iCloud est peut-être une voie, ça rejoint vaguement la notion de licence globale, avec un contrôle d’Apple par dessus. Mais ça, ce n’est pas la faute de Steve Jobs: à défaut de proposer une alternative potable à leur business déclinant, les Majors, trop occupées à choper les mamies qui téléchargent illégalement, se font voler - ou imposer, façon de voir les choses - leur futur par des boites plus rusées et clairvoyantes.

Bien évidemment, ma théorie ne tient la route que si le fait d’uploader sa propre musique (légale ou illégale) dans le nuage (sur iCloud, Google Music et Amazon Cloud Player) n’est pas également une offre limitée aux US. Pour l’instant, Google Music est US only, Amazon Cloud Drive permet d’utiliser l’espace pour ce qu’on veut, mais toutes les offres propres à la musique semblent US only également…


  1. “Je m’interroge”, ça signifie que je raconte peut-être de grosses conneries et que j’attends que vous me corrigiez ou complétiez mes propos dans les commentaires. Si quelqu’un, par exemple, sait comment fonctionne(ront) les Amazon Cloud Player et Google Music en France, notamment…
  2. Tiens, ça me rappelle une vieille discussion et quelques articles/commentaires échangés avec Manu, il y a 5 ans… Quelle clairvoyance! 
  3. En tout cas, la page concernant iCloud et ses features liées à la musique sur le site d’Apple.fr répète sans arrêt En avant-première aux États-Unis sans s’engager sur une date de disponibilité en France. C’est prudent.

Google Music Beta, grosse déception

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Donc Google a annoncé hier en grande pompe le lancement de son service de musique dans le Cloud, le bien nommé: Music Beta (sic!). Pour ceux qui n’ont pas suivi, ça ressemble à ça:

Je m’interroge sur l’intérêt du truc. En gros, le principe c’est d’héberger chez Google votre propre musique (que vous l’ayez acheté ou pas, d’ailleurs). Pas de catalogue et donc pas de Music Store, pas d’abonnement pour consommer de la musique “illimité” façon Spotify, pas de système de découverte de nouveaux artistes et titres, façon Last.fm ou Pandora. Le seul et unique but, c’est d’accéder à votre musique en streaming partout (depuis un ordinateur ou un appareil mobile).

Mouais… A part pour le coté synchronisation OTA, je ne vois pas grand intérêt. J’ai déjà accès à la musique que je possède en permanence, sur mon smartphone, sur mon ordinateur (portable ou fixe), sur mon iPod… Pourquoi me streamer du contenu qui m’appartient déjà ? Pourquoi payer (pour l’instant, c’est gratuit - tant que ça s’appelle Beta - mais ça ne durera pas) pour écouter de la musique que j’ai déjà acheté ? Et si t’as pas un mobile sous Android, tu peux te gratter pour le mode offline, donc quand t’as pas de connexion 3G ou wifi, tu peux toujours prendre ton vieux walkman Sony.

Le pari de Google de lancer son service sans aucun accord avec les ayant-droits donc sans aucun catalogue, sans Store, sans service de découverte est plus que risqué. Pourtant annoncé il y a un an, ce service sort quand même en “Beta”, accessible uniquement sur invitation et aux résidents US seulement pour n’apporter au final qu’un simple espace disque dans le cloud. En l’état, il n’y a vraiment pas de quoi s’emballer…

Bad mov(i)e, Google, bad move…

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Je reviens après tout le monde sur cette annonce qui a fait grand bruit ces derniers jours: Google a décidé de ne plus supporter le codec H.264 dans son navigateur Chrome, pour des raisons d’ouverture.

C’est une très mauvaise nouvelle selon moi, pourtant fervent adorateur du navigateur de Google, qui avait remplacé sans regret Firefox sur l’ensemble de mes machines.

De quoi parle-t-on ?

Sur le web aujourd’hui, les 3 principaux codecs vidéo à se tirer la bourre sont: le fameux H.264, Ogg/Theora et le plus récent WebM directement issu de chez Google.

H.264 s’est rapidement imposé comme un standard sur la plupart des sites de diffusion vidéo, Youtube en tête, pour plusieurs raisons dont 2 cruciales ci-dessous:

  • il est supporté nativement sur la plupart des plateformes aujourd’hui: les mobiles sous iOS, Android et la plupart des autres OS mobile, les navigateurs Chrome (pour encore une poignée de semaines, pas plus), Safari et même IE9. Firefox et Opera ayant quant à eux décidé dès le départ de ne pas supporter ce codec, la lecture de vidéos H.264 sur ces navigateurs passe par un plugin Flash (on appelle ça, un Flash fallback: ce que ton navigateur ne traite pas nativement, c’est Flash qui s’en chargera).
  • il supporte depuis longtemps le décodage hardware, ce qui le rend particulièrement efficace dans le monde “mobile”: la durée de vie de la batterie est ainsi bien mieux préservée.

Ogg/Theora n’est supporté que sur 3 navigateurs: Google Chrome, Firefox & Opera. Il faudra donc oublier IE9, Safari et tout l’univers mobile…

WebM, le petit dernier n’est pour l’instant supporté que sur Android, Google Chrome, Opera et prochainement Firefox (dans sa version 4, encore en beta) et, gros inconvénient, ne bénéficie pas pour l’instant de décodeur matériel.

Qu’est ce que l’annonce de Google change à tout ça?

Pour l’utilisateur du navigateur made in Google, pas grand chose, certes. Si ce n’est l’inconvénient “majeur” du fallback Flash lors d’une lecture de vidéo encodée en H.264. Et nous savons tous à quel point Flash, c’est le mal: pour la durée de vie de votre batterie, pour les nombreux bugs et trous de sécurité non-corrigés et pour les crashs récurrents - c’est quand même le seul truc qui arrive à me planter un onglet sous Chrome.

Pour les producteurs de contenu vidéo (Youtube of course, mais aussi Vimeo, Netflix, et les centaines d’autres…), c’est un peu plus compliqué:

  • ceux qui se soucient suffisamment du bien être de leurs utilisateurs sous Firefox, Opera et désormais Chrome pour ne pas les obliger à basculer sous Flash pour lire les vidéos H.264 non-supportées, mais sans se fermer à tous les autres qui ne supportent que ce format (iOS et autres OS mobile, Safari, IE9…) devront encoder toutes leurs vidéos dans au moins 2 formats (WebM ou Ogg/Theora ET H.264)
  • les intégristes qui ne publieront qu’en WebM ou Ogg/Theora pour des raisons d’ouverture (mais moins regardant sur le fait que Flash ne le soit pas du tout, lui, ouvert)
  • tous les autres, qui pour tout un tas de raisons (temps, puissance de calcul & espace de stockage nécessaire, entre autres…) continueront d’encoder dans le seul et unique standard qui leur permet de toucher tous les utilisateurs à moindre coût et avec le meilleur résultat: H.264.

Devinez un peu laquelle des 3 possibilités risque de l’emporter…

Quel est le problème finalement ?

C’est que Google justifie son choix pour une raison d’ouverture, plutôt que d’être honnête en annonçant clairement le fait de vouloir favoriser son propre codec. C’est un argument non-recevable et hypocrite car Flash - embarqué nativement dans Chrome, à la différence de Firefox & Opera, je le rappelle -  n’est pas plus open qu’H.264 et forcer l’utilisateur au fallback sous Flash pour lire des vidéos H.264 est juste une aberration. De plus, si Google se souciait réellement d’ouverture, pourquoi ne pas avoir annoncé également l’arrêt du support H.264 pour Android (et même Chrome OS, tiens!). Peut-être que là, l’ouverture n’a plus grande importance par rapport au problème de batterie qu’une bascule sous Flash systématique engendrerait sur les mobiles Android, tant que WebM n’est pas plus répandu et n’a pas encore d’accélération hardware.

Et coté H.264, qu’est-ce qui dérange tant que ça Google (et les autres) ?

Ce n’est pas un codec open, dans le sens où il est proposé par la MPEG LA, une organisation rassemblant de nombreuses sociétés qui contribuent technologiquement à faire de H.264 un standard. En contrepartie, la MPEG LA réclame des droits pour l’utilisation du codec, mais seulement et seulement si vous faites payer vos utilisateurs pour visionner les vidéos. Si tout est gratuit, il n’y a rien à reverser à la MPEG LA. Ce qui me semble tout à fait juste, non ?

Pourquoi Google fait ça ?

Imposer son codec, certes open, mais de force et en dépit du choix des utilisateurs. Apporter un nouveau codec dans le monde de la vidéo sur le web, open de surcroit, est une excellente chose pour tout le monde. Mais le laisser s’imposer de lui même, s’il est meilleur, me semble une approche bien plus respectueuse et “ouverte” que cette façon de faire…

Et alors, quoi ?

Alors, j’attend de voir les prochaines réactions des différents acteurs: Google pourrait décider de convertir tout Youtube en WebM. La MPEG LA pourrait libérer totalement le codec H.264 pour ce qui est de la diffusion (même commerciale). Apple n’a pas encore réagit mais ça ne saurait tarder. Et quid de Microsoft pour IE ?

Pour ce qui est de mon utilisation personnelle de Chrome, j’attends que l’annonce soit rendue effective et j’irai alors voir ailleurs (Safari, certainement…) si l’herbe est plus verte en attendant que WebM se démocratise et s’améliore.

Réflexions sur Android

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Au delà de mon article, il y a quelques jours, dans lequel j’abordais un des inconvénients d’Android par rapport à iOS, je souhaitais compiler aujourd’hui quelques réflexions, articles et arguments qui font que je n’opterais pas pour cet OS en l’état des choses…

[Disclaimer] Pour les trolls de passage, je tiens à préciser que je trouve beaucoup de qualités à Android. C’est un OS mobile de très bonne facture qui apporte beaucoup d’innovations (ce qui est toujours bon sur ce marché souvent réduit à iOS) et je ne remets en cause ni son existance ni quoi que ce soit d’autre. Je pense que c’est une bonne alternative à iOS qui mérite juste de garantir certains aspects avant d’être envisageable pour mon utilisation personnelle et professionnelle. Oui, l’iPhone aussi présente quelques inconvénients (pas les mêmes, ceci dit) mais ces derniers ne remettent pas en cause ma sécurité, celles de mes données, les revenus des développeurs, n’enfreignent pas la loi et garantissent avant tout une “expérience utilisateur” (en plus de remplir les poches de Steve Jobs). Cet article n’a cependant pas pour but de comparer iOS à Android, mais bien d’essayer de lister les inconvénients majeurs de ce dernier, dans l’espoir qu’ils puissent être corrigés et proposer une alternative fiable et viable à iOS (parce que franchement, WP7, c’est sans espoir…)

Android Market

Commençons avec un premier problème qui découle directement du coté “ouvert” d’Android (sur lequel je reviens plus loin dans cet article), son Market souffre d’inconsistance et laisse la place à de nombreuses dérives qui desservent les développeurs et bien évidemment les utilisateurs. Jon Buys démontre cela dans cet article: alors qu’il hésite entre 2 modèles de smartphone sous Android (HTC et Samsung), comparant dans un premier temps le hardware, il s’intéresse également aux différences logicielles et notamment au sein même de l’Android Market. Il constate alors que le jeu Angry Birds n’est disponible sur le Market qu’à partir d’un seul des 2 smartphones (tournant pourtant tous deux sous la même version d’Android, à savoir 2.1). Bien plus grave, il trouve en lieu et place un bon paquet d’applications utilisant le nom du jeu de Rovio et même ses illustrations sans aucun droit, surfant juste sur la vague d’un des plus grand succès vidéoludique sur iOS.

I love Angry Birds for iOS, so I thought I’d see how the game looked and felt on Android. I searched for “Angry Birds” on the HTC and found two screens worth of knock-offs. Some of these applications took the artwork and Angry Birds name directly from the real game. There was one game called “Angry Avians”, who’s icon looked like a closeup of the red bird from the real game. There were Angry Birds wallpapers, Angry Birds books, and Angry Birds unlockers. I can’t imagine that any of these apps were actually licensed to use either the Angry Birds name or the Angry Birds artwork. They are ripoffs riding the wave of the original games success.

On pourrait se dire que c’est un cas isolé, mais malheureusement de nombreuses dérives de ce type semblent polluer le Market, comme Jon Lech Johansen le confirme sur son blog avec un titre peu flatteur “Google’s mismanagement of the Android Market”. Il cite des exemples, comme les nombreuses applications de sonneries qui enfreignent les droits d’auteur, contiennent souvent du code malicieux, quand elles ne sont pas simplement dysfonctionnelles. Sans parler de celles qui, comme pour Angry Birds, utilisent illégalement des noms de marques déposés. Par exemple dans le domaine de la musique où ironiquement beaucoup d’applications reprennent les icônes d’Apple et des noms parlant comme “iTunes” ou “App Store”. Ces mêmes applis permettant la plupart du temps de télécharger tout aussi illégalement des MP3…

Crapware & Malware

On l’a donc vu dans le paragraphe précédent, l’Android Market, c’est le bordel. Mais plus inquiétant encore, la qualité des applications qu’on y trouve. On s’est beaucoup moqué des applications genre iFart et autre iProut qui polluaient l’App Store il y a quelques temps, mais aucune de ces applis n’étaient “dangereuses” pour son utilisateur (si l’on considère que le ridicule ne tue pas, bien évidemment). Concernant les applications Android, il y a beaucoup plus de risques: crapware et malware sont très fréquents. Par exemple, cette étude relatée sur Ars Technica qui a démontré que dans un panel de 30 applications populaires choisies au hasard dans le Market, la motié d’entre elles envoyaient des informations privées à des serveurs publicitaires, comme votre position géographique ou votre numéro de téléphone. Et que certaines allaient même plus loin puisqu’elles transmettaient vos coordonnées GPS toutes les 30 secondes.

They used TaintDroid to test 30 popular free Android applications selected at random from the Android market and found that half were sending private information to advertising servers, including the user’s location and phone number. In some cases, they found that applications were relaying GPS coordinates to remote advertising network servers as frequently as every 30 seconds, even when not displaying advertisements.

Une autre enquête, rapportée par Download Squad en juin dernier, a également démontrée que 20% des applications alors disponibles sur le Market étaient des spywares potentiels. Encore une fois, la confirmation qu’un marché “open” n’est pas toujours une bonne chose.

Now, this is a potential risk — as in, 20% of apps have functionality that could be likened to spyware. If you’ve installed apps on an Android smartphone, you’ll know that you get a big warning screen that tells you which services and data the app will have access to. There’s no risk when an app only wants to save to your SD card, but apps can make calls,send SMSes or even read your email! Therein lies the risk: users might be installing Android apps that have the ability to transmit your personal data to a third party.

Autre dérive des systèmes Android, ce sont bien souvent les opérateurs qui imposent leurs lois et n’hésitent pas à polluer votre smartphone avec des applications pré-installées qu’on ne peut pas supprimer, comme l’a exposé cet été le Los Angeles Times. Ainsi des Motorola Droid proposés par Verizon et des Samsung par T-Mobile sont chargés de crapwares en tous genres.

The Droid X comes loaded with several nonstandard applications for Google’s Android, most of which cannot be removed.

Among the phone’s so-called junkware is a Blockbuster video app and a demo for an Electronic Arts game called Need for Speed: Shift.

The software from the struggling movie retail chain includes a store locator and a section to download mobile movies from Blockbuster’s catalog. This app cannot be uninstalled from the phone’s software library using any traditional means. Users can delete it from the home screen, but it lives on — permanently part of the software embedded on the device.

Open ?

Demandez à n’importe quel utilisateur la raison pour laquelle il a choisi un smartphone sous Android, et vous obtenez dans 95% des cas “parce que c’est un système open, pas comme Apple”. Sauf que c’est du bullshit. J’ai essayé d’expliquer dans mon article précédent pourquoi l’ouverture façon Google n’était pas forcément une bonne chose (et j’espère l’avoir à nouveau démontré ci-dessus), mais pour aller plus loin, il faut tout de même expliquer qu’Android n’est pas si ouvert qu’on veut bien nous le faire croire.

Mike Elgan l’explique dans son articleHow Google is ‘Closed’, just like Apple”, dans lequel il démontre que le business de Google n’est pas Android mais bien la publicité et que cette partie là est tout aussi fermée qu’Apple. L’analogie Apple/Donald Trump et Google/McDonald est intéressante…

Let me clarify by way of analogy. Donald Trump and McDonald’s both buy land and organize the design and construction of buildings. Donald Trump builds buildings in order to sell (or rent) buildings. McDonald’s builds buildings in order sell junk food.

In this analogy, Apple is like Trump. Both Apple and Trump make something in order to sell it. Google is like McDonald’s. Both Google and McDonald’s make something in order to sell something else.

The companies are different, and what they’re “open” about reflects that difference. For example, Trump is very secretive about pending real estate transactions, but would probably be happy to share the details of food served at one of his golf courses. McDonald’s on the other hand, isn’t all that secretive about real estate transactions but they’re very secretive or “closed” about their Secret Sauce.

Mais pour aller plus loin encore, il est indispensable de lire le post d’Andreas Constantinou intitulé “Is Android evil?” reprenant le célèbre mantra à propos de Google. L’article détaille les points de contrôle imposés par Google sur les constructeurs de smartphones, malgré la licence permissive utilisée dans le SDK d’Android à la base de toute cette notion de système “open”.

Whereas Android is completely open for the software developer ecosystem, it’s completely closed for the handset OEM (pre-load) ecosystem. There is no other platform which is so asymmetrical in terms of its governance structures.

[…]

What’s even more fascinating is how closed Android is, despite Google’s old do-no-evil don’t be evil mantra and the permissive Apache 2 license which Android SDK source code is under. Paraphrasing a famous line from Henry Ford’s book on the Model-T,anyone can have Android in their own colour as long as it’s black. Android is the best example of how a company can use open source to build up interest and community participation, while running a very tight commercial model.

A coté de ça, quand je lis les commentaires pitoyables de cet article paru sur Le Journal du Geek (certes, susceptible de faire sortir n’importe quel troll de son bois) de tous ces possesseurs de smartphones Android persuadés d’être plus “geek” que les possesseurs d’iPhone (qui ne verraient pas plus loin que le bout de leur nez) sous prétexte qu’ils ont choisi un système ouvert, je rigole doucement… et je m’en retourne à mon iOS fermé.

Ouvert VS fermé ou fragmenté VS intégré ?

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Minimal a résumé en 2 phrases mon point de vue sur les produits Apple par rapport à la concurrence:

Then you have the OS’s that run on a PC. They have to support so many different pieces of hardware that no wonder they are bad and unstable. I mean, Linux is great, BSD is great, don’t get me wrong, but because they have to support so much crappy hardware with a zillion combinations that at the end the OS runs scared.

Then you have Apple computers. While Apple hardware is not perfect, it is good quality hardware; add to that the fact the OS is tightly integrated and tailored to that hardware and that hardware ONLY and you have a very stable platform.

Au delà du coté trollesque du sujet, c’est pourtant ce que je m’applique à expliquer à tous ceux qui me posent la fameuse question “Pourquoi Apple ?”: lorsqu’un OS est conçu pour un environnement hardware connu et maitrisé plutôt que de tenter d’être compatible avec des milliers de configurations différentes, il ne peut qu’être beaucoup plus stable et efficace. C’est vrai pour les Macs et leur OS X, mais ça l’est tout autant pour les iPhone/iPod/iPad et leur iOS. D’ailleurs, cette règle n’est pas seulement propre à la firme de Cupertino. Selon moi, Microsoft n’a jamais été aussi bon qu’en proposant la Xbox, par exemple, dont il contrôle le hard comme le soft. Certes, ça ne fonctionne pas à tous les coups (voir le Zune), mais c’est un autre problème là.

Le sujet ”intégré VS fragmenté” a d’ailleurs été évoqué recemment par Steve Jobs dans son speech lors de l’annonce des resultats Apple pour Q4. Il y expliquait justement que c’était la nuance avec ce que Google voit comme un “système fermé”, par rapport à Android qui lui serait “ouvert”.

Android is very fragmented. Many Android OEMs, including the two largest, HTC and Motorola, install proprietary user interfaces to differentiate themselves from the commodity Android experience. The user’s left to figure it all out. Compare this with iPhone, where every handset works the same.

[…]

In reality, we think the open versus closed argument is just a smokescreen to try and hide the real issue, which is, “What’s best for the customer – fragmented versus integrated?” We think Android is very, very fragmented, and becoming more fragmented by the day. And as you know, Apple strives for the integrated model so that the user isn’t forced to be the systems integrator. We see tremendous value at having Apple, rather than our users, be the systems integrator. We think this a huge strength of our approach compared to Google’s: when selling the users who want their devices to just work, we believe that integrated will trump fragmented every time.

Je suis totalement d’accord avec cette vision des choses qui pointe le principal défaut des systèmes sous Android: de multiples produits matériels mais un seul OS… On retrouve donc la même problématique que dans le monde des PCs évoqué plus haut et on ne garanti donc pas la même “expérience” à tous les utilisateurs. Bien d’autres choses me dérangent dans Android, malgré le fait que ce soit probablement la meilleure alternative à iOS aujourd’hui, mais ça, c’est une autre histoire…