Mathew Honan s’est prêté à une expérience amusante, bien qu’un peu flippante, pour Wired, en likant tout ce qu’il voyait passer sur son Facebook pendant 48h, peu importe qu’il aime réellement ou pas, afin de voir de quelle manière cela affecterait le contenu de son News Feed.

See, Facebook uses algorithms to decide what shows up in your feed. It isn’t just a parade of sequential updates from your friends and the things you’ve expressed an interest in. In 2014 the News Feed is a highly-curated presentation, delivered to you by a complicated formula based on the actions you take on the site, and across the web. I wanted to see how my Facebook experience would change if I constantly rewarded the robots making these decisions for me, if I continually said, “good job, robot, I like this.” I also decided I’d only do this on Facebook itself—trying to hit every Like button I came across on the open web would just be too daunting. But even when I kept the experiment to the site itself, the results were dramatic.

[…]

My News Feed took on an entirely new character in a surprisingly short amount of time. After checking in and liking a bunch of stuff over the course of an hour, there were no human beings in my feed anymore. It became about brands and messaging, rather than humans with messages.

Likewise, content mills rose to the top. Nearly my entire feed was given over to Upworthy and the Huffington Post. As I went to bed that first night and scrolled through my News Feed, the updates I saw were (in order): Huffington Post, Upworthy, Huffington Post, Upworthy, a Levi’s ad, Space.com, Huffington Post, Upworthy, The Verge, Huffington Post, Space.com, Upworthy, Space.com.

Le résultat est sans appel. Si vous faites confiance à des robots pour vous instruire, vous informer, voir vous divertir mais que ces robots sont avant-tout programmés pour satisfaire des annonceurs et non pas vos propres envies, que pensiez-vous obtenir d’autre ? Pire, en distillant ces informations robotisées au milieu de celles plus humaines de vos vrais amis, n’orientent-elles pas subrepticement votre façon de penser, comme une propagande.

Tout ceci montre bien que nous vivons de plus en plus dans une bulle. Je l’ai déjà évoqué ici au sujet de Google, plusieurs fois même: Search is no longer Google’s core product, You are living in a Filter Bubble, A Google World. Et Mathew Honan, après seulement 48h, en arrive aux mêmes conclusions:

This is a problem much bigger than Facebook. It reminded me of what can go wrong in society, and why we now often talk at each other instead of to each other. We set up our political and social filter bubbles and they reinforce themselves—the things we read and watch have become hyper-niche and cater to our specific interests. We go down rabbit holes of special interests until we’re lost in the queen’s garden, cursing everyone above ground.

Évidemment, l’expérience est un peu extrême et exagérée. Vous vous dites qu’il ne vous viendrait jamais à l’idée de liker tout ce que vous lisez sur Facebook, que ça ne vous concerne pas et que cette étude n’a donc aucun sens. Sauf que l’on oublie bien trop souvent que le problème, ce n’est pas vous mais les autres. Tout ce que font vos amis sur FB a donc un impact sur votre contenu et ce qui apparaît dans votre News Feed. Et après tout, si ce sont vos amis, les robots de FB ont toutes les raisons de croire que vous avez les mêmes goûts et partagez les mêmes idées.

While I expected that what I saw might change, what I never expected was the impact my behavior would have on my friends’ feeds. I kept thinking Facebook would rate-limit me, but instead it grew increasingly ravenous. My feed become a cavalcade of brands and politics and as I interacted with them, Facebook dutifully reported this to all my friends and followers.

Il y a 3 ans presque jour pour jour, après en avoir upgradé la mémoire et remplacé le disque dur par un SSD, j’écrivais à propos de mon MacBook Pro :

Juste un coup de jeune phénoménal sur une machine qui a déjà 3 ans et qui va probablement me tenir 2 à 3 ans de plus, sans aucune frustration, sans aucun ralentissement.

On y est, 3 ans se sont écoulés et j’ai donc remplacé il y a tout juste un mois, mon vieux mais fidèle compagnon depuis 2008 par un rutilant MacBook Pro Retina 15"1.

Du MacBook Pro…

Non pas que l’ancien ne me convenait plus, bien au contraire, il a toujours parfaitement rempli son rôle — utilisation personnelle et professionnelle — sans jamais défaillir, sans la moindre panne matérielle2 et sans souffrir côté performances — merci le SSD — même après 6 ans et les énormes sollicitations. Mais quelques points commençaient à réellement gêner mon usage quotidien:

  • La batterie: c’est vraiment le plus gênant, à peine 1h d’autonomie en utilisation normale, c’est peu, trop peu pour un portable. Pratiquement obligé de le laisser branché sur le secteur en permanence. Les 6 ans d’âge de la batterie se font cruellement sentir et même si elle est échangeable facilement sur ce vieux modèle de MacBook Pro, je doute que l’autonomie puisse passer au-delà des 2h.
  • Le bruit: les ventilos tournent maintenant pratiquement en permanence, quelle que soit l’application utilisée. Je ne sais pas exactement ce qui cause ça, je pensais que c’était lié à l’OS un peu surchargé d’applications mais une clean install faite il y a 15 jours n’y a rien changé. Je pense donc que c’est la gourmandise des dernières versions d’OS X (ici, Maverick) qui n’est plus vraiment adapté à ces vieilles machines.
  • Et dans une moindre mesure, le poids. Non pas qu’il soit si lourd et je m’en accommodait plutôt bien en fait, mais j’ai fait l’erreur d’aller soupeser un MacBook Pro Retina dans un Apple Store un jour et je suis resté bluffé par la différence. Les dernières fois que j’ai ressenti ça, c’était lors du passage de l’iPhone 4S à l’iPhone 5 et de l’iPad 3 à l’iPad Air. Une fois que tu as gouté à ce confort, tu ne peux plus revenir en arrière.

Il était donc temps de passer à un modèle plus récent et l’idée d’être en tout-Retina (iPhone, iPad, Mac) me séduit. Ce n’est pas pour autant que mon ancien MBP finit à la poubelle. Non, je lui prévois une douce retraite en machine familiale, transformée en desktop, principalement en Media Server (Plex, iTunes, etc…). Bref, après 6 ans de bons et loyaux services, il en prend encore pour quelques années, le vieux. La retraite, c’est pas pour tout de suite. Obsolescence programmée, mon cul !

… au MacBook Pro Retina

Quant au MBP Retina, il va encore me falloir un peu de temps pour juger de toutes ses capacités et comparer, mais d’ores et déjà, le silence et l’autonomie sont un pur bonheur. En un mois d’utilisation intensive, je n’ai pas entendu une seule fois les ventilos. Quant à l’autonomie, j’oscille entre 7 et 10h en fonction des usages.

Evidemment, l’écran Retina est une pure merveille, et même si ça ne semble pas être une amélioration vitale, pour moi qui lit beaucoup sur le Mac, ça ajoute un confort visuel non-négligeable.

Côté performance, rien à redire. Les specs de la bête1 la rende terriblement véloce. Je suis encore loin d’avoir réussi à en tirer le maximum.

Enfin, petite cerise sur le gâteau et agréable surprise: le son. Par rapport à l’ancien MBP, c’est le jour et la nuit. L’ancien était plat, limite triste. Le nouveau est coloré et restitue parfaitement toutes les dimensions sonores. La qualité et la puissance du son qui sort du Retina est tout simplement impressionnante pour une si petite machine et de si petits haut-parleurs.

Bref, je souhaite une aussi longue vie à cette nouvelle machine qu’à la précédente et n’ai maintenant plus qu’une hâte : pouvoir faire tourner dessus OS X Yosemite, dont le nouveau design et les nouvelles fonctionnalités m’ont mis l’eau à la bouche.


  1. Intel quad-Core i7 à 2,3Ghz, 16Go de RAM, 500Go de SSD et NVIDIA GeForce GT 750M. Bref, une petite bombe.  ↩

  2. Pour être honnête, une panne de disque dans sa 1ère année, remplacé (sans perte de données) par un revendeur agréé sous couverture Apple Care et un cordon d’alimentation défectueux, échangé gratuitement au Genius Bar.  ↩

25 mai 2014

Perdre le nord

Le studio Game Oven, qui a créé le très original Bounden sur iOS, décrit la difficulté rencontrée lors du développement de la version Android et publie ce Vine de plusieurs appareils manifestement incapables de se mettre d’accord sur l’orientation du nord :

In the Vine above are 7 devices all running the same compass app (ironically named Steady Compass) on Android. Yet, all compasses indicate that North is somewhere else. Unfortunately, this has nothing to do with electromagnetic fields confusing the compass; it has everything to do with the diversity of hardware inside these devices.

We have been developing Bounden for Android alongside its development on iOS, and have tested the game on a number of devices. It was only a week ago that we started expanding our list of test devices, after we quickly discovered that:
a) some devices had ‘broken’ gyroscopes that didn’t work on all axis,
b) that some devices were faking gyroscopes by mixing and matching the accelerometer data with compass data, or
c) that some devices did not have a gyroscope at all.

Triste, mais parfaitement logique. La faute à la fragmentation des appareils sous Android, comme l’explique très justement Benedict Evans :

The consequence of Apple’s approach is that pretty much everything behaves in predictable ways, but you have a very narrow range of devices at a narrow range of prices (and screen sizes), and that severely restricts the addressable market. More people can afford $50 phones than can afford $600 phones. The consequence of the Android approach is that you have a much wide range of devices and prices, and a much larger market, but anything on the bleeding edge doesn’t work predictably at all. This doesn’t just apply to the gyroscope – it also applies to varying degrees to almost anything trying to do clever things with the hardware. This is also true even if the API does actually work as advertised – there’s not much point trying to do a mass-market Android NFC deployment when you have no idea how many of your users even have NFC Androids (and the users themselves don’t know).

One result of this, as I’ve said before, is that Apple and Google are focusing their innovation in different areas. Apple is moving down the stack with integrated hardware/software experiences (iBeacon, fingerprints, M7 etc) that are hard for Android to match, and Google is moving Android up the stack with Google Play Services, the cloud and machine learning, which is hard for Apple to match.

John Gruber, rebondissant lui aussi sur cet article de Game Oven, s’amuse à comparer le résultat obtenu avec 7 appareils Apple de générations différentes (iPhone 3GS, 4, 4S, 5, 5S, iPad Mini et iPad Mini retina). C’est évidemment sans appel !

Tout ceci me donne envie de terminer en chanson :

♫ Perdre le Nord, gagner le Sud,
Et les bonnes latitudes ♫

25 avril 2014

Right, not first

Tim Cook, lors du traditionnel earning call de fin de trimestre:

As you probably know from following us for a long time, we didn’t ship the first MP3 player, nor the first smartphone, nor the first tablet. In fact, there were tablets being shipped a decade or so before then, but arguably we shipped the first successful modern tablet, the first successful modern smartphone, and the first successful modern MP3 player. And so it means much more to us to get it right, than to be first.

What I believe in. Et un moyen subtil d’annoncer un “bracelet connecté” ?

16 mars 2014

Wearing Apple

Craig Hockenberry sur furbo.org:

First, let’s look at the market for quality timepieces; ones that you’d be proud to wear on your wrist. It’s dominated by companies with centuries of experience. It’s also a high-end market: spending a few thousand dollars on a nice watch is chump change. You’re buying a work of art.

Apple certainly has great designers, but they’re going to be competing against craftsmen who’ve been refining their craft since the 15th century.

[…]

…the companies that dominated the music player and mobile phone markets were making complete crap prior to Apple’s arrival. Granted, there are a lot of cheap and crappy watches on the market, but they’re not remotely interesting to the demographic that buys Apple products. And to many people, a fine timepiece is more about status than technology.

Taking all of this into consideration, watches don’t sound like product category that fits Apple well. One of the many reasons we love their products is because they are best of breed.

TL;DR: Pas de montre Apple.

La théorie de Craig tient la route. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne croit pas en un appareil “portable sur soi”, mais probablement pas une montre. J’aime bien son hypothèse d’une bague. Les fonctionnalités et les cas d’usage qu’il donne sont intéressants et surtout, ne font pas doublons avec ce qu’apporte déjà le smartphone, contrairement à la montre. On peut même imaginer tout un tas de wearable devices, dans le même esprit (collier, ceinture, etc…).

Plus intéressant encore, l’iPhone resterait alors le centre névralgique des nouveaux produits sur lesquels travaille Apple. L’introduction récente de CarPlay en est une illustration, la voiture n’est qu’un simple afficheur, toute l’intelligence reste dans l’iPhone.

On retrouve la même logique finalement avec l’Apple TV — où réside l’intelligence — qui se sert de votre télé comme d’un simple afficheur, ce qu’elle a toujours été et ce qu’elle restera certainement dans l’esprit d’Apple.

16 mars 2014

The Original Macintosh

Alors que l’on vient de fêter les 30 ans du Macintosh, je retombe sur ce site, Folklore, enfoui dans mes favoris depuis bien longtemps. On y découvre en 120 anecdotes les quelques années de développement, vues de l’intérieur, qui ont données naissance à cette machine emblématique d’Apple.

Bien qu’une grande majorité des histoires soient racontées par Andy Hertzfeld — développeur de l’équipe Macintosh à l’origine d’une grande partie de son système et de sa ROM, quelques autres acteurs majeurs de l’époque y vont aussi de leur petite anecdote, comme Susan Kare — graphiste, qui réalisa les premières polices de caractères et les icônes du Mac.

C’est passionnant, et ça se lit dans l’ordre ou le désordre, d’une traite ou par petits bouts. Je n’ai pas encore tout lu, mais j’ai déjà noté quelques histoires très représentatives de l’Apple de l’époque — The Apple Spirit, de l’esprit de l’équipe Mac — Pirate Flag, de son leader — Reality Distortion Field, de sa peur de voir son travail volé — Stolen From Apple et de l’ambiance qui y régnait — I Don’t Have a Computer.

À lire sans modération, nostalgie assurée. Et encore bon anniversaire, Macintosh.

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